ABNA - Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali-Akbar Salehi a déclaré que Téhéran apporterait son soutien à Lakhdar Brahimi, le nouvel émissaire des Nations Unies et de la Ligue arabe (LA), dans ses efforts de médiation en Syrie.
Samedi, dans une conversation téléphonique avec M. Brahimi, le ministre iranien a déclaré que l'Iran recherchait une solution pacifique entre les parties syriennes, sans interférence de pays étrangers.
Pour sa part, M. Brahimi a mis l'accent sur l'importance du rôle "positif" de l'Iran pour faire évoluer la situation en Syrie, et a souligné qu’une approche politique était la seule solution pour résoudre la crise syrienne.
Le représentant spécial de l'ONU et de la Ligue Arabe a par ailleurs formulé l'espoir que toutes les parties concernées puissent coopérer afin de rétablir la paix et la sécurité en Syrie, ainsi que la stabilité dans la région.
L'ancien ministre des Affaires étrangères algérien Lakhdar Brahimi, qui a accepté de remplacer Kofi Annan au poste de représentant spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, se dit conscient des difficultés qui l'attendent.
Ce diplomate chevronné qui fut émissaire de l'ONU en Afghanistan et en Irak remplace l'ancien secrétaire général de l'ONU, dont la mission s'achève à la fin du mois. Il doit se rendre à New York et au Caire dans les prochains jours.
Dans un entretien téléphonique depuis Paris, M. Brahimi a déclaré espérer qu'une intervention militaire ne soit pas nécessaire, estimant même qu'évoquer l'option militaire revenait à admettre l'échec de la voie diplomatique.
Selon Eduardo del Buey, porte-parole adjoint du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon "apprécie à sa juste valeur la volonté de M. Brahimi de mettre à contribution son talent et son expérience considérables pour cette tâche cruciale. Il aura besoin et s'attend à juste titre au soutien fort, clair et unifié de la communauté internationale, dont le Conseil de sécurité".
La Chine s'est elle aussi félicitée de la nomination de Lakhdar Brahimi. Pékin "soutiendra activement M. Brahimi et coopérera avec lui dans ses efforts de médiation politique", a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.
Selon plusieurs diplomates des Nations unies s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, Lakhdar Brahimi a retardé l'acceptation de la mission car il voulait un signe de soutien de la part du Conseil.
Lors de l'annonce de sa démission, Kofi Annan avait estimé que les divisions au sein du Conseil de sécurité empêchaient l'union nécessaire pour arrêter les combats en Syrie.
"Brahimi a une réputation incroyablement bonne à l'ONU, mais il est aussi connu pour ne pas recevoir d'ordres des grands pouvoirs, ni s'inquiéter outre mesure de l'attention des médias", a estimé Richard Gowan. "Ca pourrait être précisément ce qui est nécessaire aujourd'hui en Syrie: un médiateur endurci mais indépendant, qui persistera dans ses efforts diplomatiques même s'il doit affronter les critiques s'il échoue à trouver un accord rapide".
Lakhdar Brahimi, 78 ans, a été ministre des Affaires étrangères de l'Algérie entre 1991 et 1993 et a rejoint les Nations unies en 1994. Il y a occupé plusieurs postes prestigieux jusqu'à sa retraite en 2005. Avec les Nations unies, il s'est rendu à Haïti, au Yémen, au Soudan ou encore en Afrique du Sud, où il a dirigé les efforts de l'ONU supervisant les élections démocratiques qui ont mené Nelson Mandela au pouvoir.
Lakhdar Brahimi a également représenté l'ONU en Afghanistan avant le 11-Septembre et après l'expulsion des talibans par les Américains. En Irak, il a aidé à la mise en place du gouvernement intérimaire en 2004, après la chute de Saddam Hussein. En tant qu'émissaire de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi a participé aux négociations mettant fin à la guerre du Liban.
Lakhdar Brahimi fait partie des "Elders" (Anciens), un groupe d'anciens dirigeants internationaux travaillant à la paix mondiale dont Nelson Mandela fait partie. A ce titre, il a publié un communiqué commun le 10 août dans lequel il estimait notamment que le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats régionaux devaient "s'unir pour assurer une transition politique le plus tôt possible. Des millions de Syriens réclament la paix. Les dirigeants mondiaux ne peuvent pas rester divisés plus longtemps, faisant fi de leurs appels".
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